31.07.2012, 00:01  

Certaines associations de handicapés évoquent l'eugénisme

Abonnés
chargement
Le diagnostic de la trisomie
21 repo-sera sur une prise de sang
. 
KEYSTONE

 31.07.2012, 00:01   Certaines associations de handicapés évoquent l'eugénisme

SANTE - Le test prénatal de la trisomie 21 sera bientôt disponible en Suisse. Une avancée qui ne va pas sans questions.

Le test de dépistage prénatal de la trisomie 21 devrait bientôt être disponible en Suisse. Le Praenatest, commercialisé par la firme Lifecodexx, permettra sur une simple prise de sang de dépister le syndrome de Down. Mais cette avancée suscite de grosses craintes chez les associations de handicapés.

Ce test doit recevoir un certificat de conformité pour l'espace...

Le test de dépistage prénatal de la trisomie 21 devrait bientôt être disponible en Suisse. Le Praenatest, commercialisé par la firme Lifecodexx, permettra sur une simple prise de sang de dépister le syndrome de Down. Mais cette avancée suscite de grosses craintes chez les associations de handicapés.

Ce test doit recevoir un certificat de conformité pour l'espace européen, un feu vert encore attendu, selon Lifecodexx. La firme, dont le siège est en Allemagne, souhaite commercialiser ce produit en Suisse, en Allemagne et en Autriche. " Une fois autorisée, la commercialisation du Praenatest sera également possible en Suisse ", a indiqué hier Petra Dörr, porte-parole de l'Institut des produits thérapeutiques Swissmedic. Ce test, qui dépend de l'ordonnance fédérale sur les dispositifs médicaux et diagnostics et non de celle sur les médicaments, n'a en effet besoin que d'un certificat de conformité déclaré pour l'espace européen. Swissmedic, pas habilité à donner une autorisation, se limitera à examiner la qualité du produit une fois sur le marché, a précisé Petra Dörr.

Problèmes

Mais l'arrivée de ce test ne plaît pas du tout aux associations représentant les handicapés. Insieme, la Fédération de parents de personnes mentalement handicapées, craint une augmentation de la pression sociale en faveur de l'avortement.

Le test Praenatest ne devrait être utilisé que lors de grossesse à risque et ne pas devenir un examen de routine, plaide la fédération sur son site internet. Elle redoute en outre que la situation des personnes porteuses de trisomie 21 n'en souffre également.

Procap se demande ainsi si les assurances continueront de soutenir les parents qui auront fait le choix délibéré de vivre malgré un test positif avec un enfant avec un handicap. Une question d'autant plus difficile si les caisses finissent par imposer le test de dépistage.

C'est dans ce même esprit qu'une trentaine d'associations de défense des handicapés issues de 16 pays a interpellé en juin dernier la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour ne pas reconnaître le droit au dépistage prénatal de la trisomie. Cette politique de dépistage intensif se conclut par un avortement dans la quasi-totalité des cas où le foetus est diagnostiqué trisomique, relèvent-elles.

La liberté de choix des parents de garder ou non leur enfant trisomique est " menacée par une politique eugénique ", avait déclaré à Strasbourg le Français Jean-Marie Le Mené, président de la fondation Jérôme Lejeune - qui soutient la recherche sur la trisomie.

Progrès

Mais pour les médecins, le dépistage de Lifecodexx représente un progrès incontestable. Le test actuellement utilisé dit du premier trimestre a en effet un faible taux de fiabilité, témoigne Judit Pok, médecin-chef à la maternité de l'hôpital universitaire de Zurich, citée dans une interview sur le site d'insieme.

Pour elle, il faut également relativiser: " Ce test n'est "qu'un développement de plus dans le processus de diagnostic prénatal qui n'a cessé de se développer ces 30 dernières années ". Cette tendance répond au besoin des " parents qui veulent minimiser les risques et se sentir en sécurité ".

Mais elle comprend les inquiétudes des milieux de handicapés. " Les parents ne doivent en aucun cas subir les conséquences négatives ", estime-t-elle. " Il serait inadmissible que les caisses maladie fassent pression en faveur du test et qu'en cas de refus, décident de ne plus prendre en charge certaines prestations ", affirme Judit Pok. ATS-AFP


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top