09.10.2012, 00:01  

"Ce que j'aime, c'est les secrets"

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Natacha Astuto, ici dans son loft chaux-de-fonnier avec son mari Cédric Laubscher, joue elle-même dans "Le dernier train", pièce qu'elle a écrite et que son conjoint met en scène. 
DAVID MARCHON

 09.10.2012, 00:01   "Ce que j'aime, c'est les secrets"

Par NICOLAS DONNER

THEATRE - La Neuchâteloise Natacha Astuto présente sa nouvelle création à Saint-Aubin dès demain. Portrait d'une "matheuse" qui s'attire les éloges de la scène artistique.

"Auteure". Le mot paraît encore étonnant, grand et extraordinaire aux yeux de Natacha Astuto. Cette directrice logistique de 37 ans, établie à La Chaux-de-Fonds, doit pourtant s'y faire. A la sortie des représentations théâtrales, c'est bien elle qui reçoit les louanges si son écriture a fait mouche...

Ce qui fut très récemment le cas avec sa cinquième création,...

"Auteure". Le mot paraît encore étonnant, grand et extraordinaire aux yeux de Natacha Astuto. Cette directrice logistique de 37 ans, établie à La Chaux-de-Fonds, doit pourtant s'y faire. A la sortie des représentations théâtrales, c'est bien elle qui reçoit les louanges si son écriture a fait mouche...

Ce qui fut très récemment le cas avec sa cinquième création, "Le dernier train", présentée à La Tarentule à Saint-Aubin dès demain. Ce "thriller" en milieu carcéral a rencontré un succès spectaculaire aux Estivades 2012 à Marche-en-Famenne (Belgique). "Il y avait à la fin de la pièce 150 personnes debout, qui nous ont longuement ovationnés" , dit-elle, sans oser vraiment y croire. Une surprise amplifiée par les remarques élogieuses butinées dans les coulisses du théâtre. "Une femme, enthousiaste, est venue vers moi après le spectacle. Elle voulait absolument savoir chez qui j'étais publiée. Je lui ai donné la marque de mon imprimante..."

Commande bienvenue

Femme franche et naturelle, Natacha Astuto avoue sans ambages qu'elle est avant tout une "industrielle". Après des études en ingénierie à Yverdon, elle travaille depuis une dizaine d'années comme directrice de la logistique pour une entreprise horlogère des Montagnes neuchâteloises. "Je suis une matheuse. J'aime contrôler les choses" , révèle-t-elle.

Sa première prise de contact avec l'écriture s'inscrit pourtant sous le signe du plus total débridement, en 2005. "Avec les différentes troupes de la région, nous avions reçu une commande de l'hôpital de la Béroche afin de réaliser un spectacle pour célébrer ses 100 ans. Je n'étais alors que comédienne amateure, mais on m'a convaincue que je pouvais le faire. Ce n'est pourtant pas parce que j'étais capable d'écrire quelques lignes sans fautes d'orthographe que j'étais forcément une auteure!"

Au final, la pièce, "Un hôpital pour six francs", qui raconte l'histoire de l'établissement hospitalier en dix tableaux, séduit le public lors de son unique représentation. "Ce jour-là, j'ai été soufflée! J'étais morte de trouille, mais ça a été un moment extraordinaire. Je n'en revenais pas que mon texte soit joué, que les metteurs en scène bossent avec autant de sérieux sur ce que j'avais écrit."

"J'aime les personnages qui cachent des choses"

De fil en aiguille, Natacha Astuto s'aguerrit et réalise en 2008 sa première "vraie pièce", avec une distribution standard, "L'appartement". Son style? "J'utilise la langue de tous les jours, quitte à être vulgaire, j'aime provoquer. Je veux faire passer des messages, susciter des émotions, déranger même" , résume-t-elle.

Dévoreuse de séries télévisées - elle se verrait volontiers dialoguiste - et de l'oeuvre d'Agatha Christie, Natacha Astuto ne cache pas son penchant pour les histoires policières. "Ce que j'aime, c'est les secrets. J'aime les personnages qui cachent des choses, les non-dits. Ça finit toujours par exploser" , se réjouit-elle.

L'envie de poursuivre

Ayant récemment fondé la compagnie TA58 avec son mari, Cédric Laubscher, Natacha Astuto entend poursuivre dans une voie créative, qui lui fournit un véritable équilibre à côté de son métier de tous les jours. "J'ai toujours aimé écrire, mais c'est un besoin qui grandit toujours plus en moi. J'ai plein plein plein d'idées" , prévient-elle. "J'écris au kilomètre. Je me pose la nuit devant mon ordinateur avec un litre de café et mes clopes. Et j'écris..."

Comme une auteure, finalement...

THRILLER EN PRISON

Incarcérés à vie, Jacky et Robert partagent la même cellule depuis près de quinze ans. Leur existence a fini par devenir une routine bien huilée mais vide de sens, ponctuée par les apparitions de Marianne, leur gardienne de toujours. Le trio a développé au fil des ans une relation presque familiale. Les semaines s'écoulent doucement, jusqu'à ce jour de violente tempête, où les deux détenus reçoivent la visite d'une femme...

Comédie dramatique d'un peu plus d'une heure, "Le dernier train" est la cinquième pièce écrite par Natacha Astuto. Les quatre comédiens - Grégory Jaquet, Jean-Pierre Durieux, Janine Constantin et Natacha Astuto elle-même - sont guidés par Cédric Laubscher. Création "la plus sincère" de son auteure, elle est à l'affiche de La Tarentule à Saint-Aubin dès demain et jusqu'à samedi, à 20h30. Réservations au 032 835 21 41.

BIO-EXPRESS

NATACHA ASTUTO Née le 15 décembre 1974. Mariée, deux enfants. Vit à La Chaux-de-Fonds.

CREATIONS "Un hôpital pour six francs" (2005), "Big boss" (2006), "L'appartement" (2008), "Dans une autre vie" (2009), "Le dernier train" (2012).

TA58 Cette compagnie, créée cette année, est formée de Natacha Astuto et de son mari, Cédric Laubscher, metteur en scène.


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