13.01.2017, 00:20

La fin du photovoltaïque moche

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 13.01.2017, 00:20 La fin du photovoltaïque moche

ÉNERGIE Le CSEM développera des panneaux solaires illustrables.

«PV Everywhere!» Du photovoltaïque partout, c’est la devise du jour de Mario El-Khoury, directeur du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM). Après le panneau solaire blanc ou coloré, présenté en 2014, et dont la commercialisation vient de démarrer, l’institution annonce le développement d’un panneau solaire sur lequel il est possible d’imprimer des photographies en haute définition. «Nous croyons...

«PV Everywhere!» Du photovoltaïque partout, c’est la devise du jour de Mario El-Khoury, directeur du Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM). Après le panneau solaire blanc ou coloré, présenté en 2014, et dont la commercialisation vient de démarrer, l’institution annonce le développement d’un panneau solaire sur lequel il est possible d’imprimer des photographies en haute définition. «Nous croyons que le solaire est la grande solution au défi énergétique. La lumière est partout, à nous de retrousser nos manches et de la récolter.»

Défis technologiques et sociaux

Le développement de ces panneaux illustrables sera accéléré par un partenariat inédit: la Banque cantonale neuchâteloise a promis 200 000 francs par an pendant trois ans. «Cela permettra le financement des postes d’ingénieurs, et du matériel à acquérir», explique Laure-Emmanuelle Perret-Aebi, cheffe de section au CSEM.

Le patron du photovoltaïque au sein de l’institution de transfert de technologies neuchâteloise, Christophe Ballif, indique que la planète reçoit en une heure plus d’énergie que ce dont ses habitants ont besoin en une année. Pour mieux en profiter, l’intégration du solaire à notre Environnement est cruciale. «Pour l’instant, le photovoltaïque est cantonné aux toits et aux déserts, parce qu’il est moche!»

Douze milliards de cellules solaires seront produites cette année dans le monde. Devenue une «commodité» largement disponible à bas coûts, la cellule va se disséminer. «Nous devrons relever des défis pas uniquement technologiques, mais aussi légaux, sociaux et politiques», pour qu’à terme le solaire soit la source d’énergie dominante. «Un jour, c’est celui qui construira une maison sans production d’énergie solaire qui sera marginal.»

Le temps encore nécessaire pour transformer cette idée en produit commercialisable n’est pas connu (voir ci-contre). Deux approches sont envisagées, l’une pour équiper des façades, avec une très longue durée de vie, l’autre pour envisager des supports publicitaires sur des véhicules, bâtiments, mobilier urbain, à la durée de vie plus courte et facilement remplaçables.

Imprimer n’importe quelle image (ou n’importe quel message) sur un panneau solaire permet de repousser toujours plus les limites à leur intégration dans la vie quotidienne: véhicules, panneaux publicitaires, murs antibruit…

Selon Christophe Ballif, en poursuivant les efforts d’efficience énergétique des bâtiments d’un côté, et l’amélioration des technologies solaires de l’autre, il devient réaliste d’alimenter un ménage avec 30 à 40 mètres carrés de surface illustrée seulement.

Enjeux et risques d’une annonce

Quand les panneaux solaires illustrables pourront-ils être commercialisés? Dans un an? Dans trois ans? Les chercheurs se refusent à fixer un délai. De nombreux défis restent à relever. Fiabilité, durabilité, stabilité des couleurs, questions sur les encres et les polymères à utiliser: le produit n’est pas mûr pour sa commercialisation.

Or, les annonces de tels développements technologiques sont loin d’être anodines: il s’agit de concilier les intérêts des scientifiques, des organismes de financement et des partenaires privés, sans se faire doubler par l’éventuelle concurrence d’autres équipes dans le monde.

A l’autre bout de la chaîne du transfert de technologies, les futurs utilisateurs. Les urbanistes, architectes et autres responsables de l’énergie se méfient un peu de telles annonces. Richard Mesple, directeur de Si-Ren, société d’investissement de la ville de Lausanne pour l’énergie renouvelable, explique pourquoi: «Si-Ren doit livrer de l’énergie issue d’installations rentables. Alors, de telles avancées, c’est génial! Je comprends que les chercheurs les annoncent. Mais les révéler trop tôt présente aussi un certain risque: les architectes veulent tout de suite en bénéficier pour leurs projets, et certains, pour utiliser la nouveauté, risquent de bloquer des projets basés sur des technologies qui fonctionnent. Alors si elle arrive dans le courant de l’année, c’est bien. Mais sinon, ça peut paralyser des filières, en mettant en péril les acteurs qui sont déjà sur le marché et qui pâtissent de l’engouement de leurs clients pour un produit pas encore disponible.»

la Fête au solaire

A l’appui de la démarche scientifique, la BCN et le CSEM organisent un «mapping architectural», spectacle lumineux projeté sur les façades du siège de la banque. Il sera donné quatre fois, entre 19 heures et 21 heures, le jeudi 19 janvier prochain, et nécessitera de dévier la circulation des bus. La place Pury, au centre-ville de Neuchâtel, sera ainsi libre de toute circulation. La population est donc invitée à investir les lieux, avec distribution de boissons chaudes. Un concours photo et une exposition de photographies de l’artiste neuchâtelois Guillaume Perret est aussi prévue en été dans les jardins de la banque.

Pour Laure-Emmanuelle Perret-Aebi, la démarche artistique convoquée pour l’occasion va au-delà de la simple promotion d’une technologie. «Je suis convaincue que l’expression artistique peut contribuer à ce que les gens s’approprient ces nouvelles technologies et comprennent le bénéfice qui peut en découler.»


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