07.08.2012, 00:01  

Heineken entreprend de faire mousser son empire en Asie

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Par ANNELOT HUIJGEN

BIERE - En déboursant près de 5 milliards d'euros, le troisième brasseur mondial devrait mettre la main sur le groupe asiatique APB et sa célèbre Tiger Beer.

Heineken semble avoir dompté le tigre singapourien. Le troisième brasseur mondial est sur le point de mettre la main sur les 58% d'Asia Pacific Breweries (APB), producteur de Tiger Beer, qu'il ne détenait pas encore. Le néerlandais est parvenu à un accord avec le conglomérat singapourien Fraser and Neave (F & N) pour lui acheter sa participation de 40% d'APB. Heineken s'est aussi engagé à racheter les 18% restants auprès d'autres investisseurs, ce qui portera la facture totale à près de 5 milliards d'euros.

L'accord avec F & N devrait mettre fin à l'assaut du milliardaire thaïlandais Charoen Sirivadhanabhakdi, propriétaire de Thai Beverage, le plus grand brasseur de Thaïlande. Ce dernier a surpris Heineken en acquérant le mois dernier une part de 22% du capital d'APB, portée depuis à 24%. Cette opération a conduit le néerlandais à trouver au plus vite un moyen d'intégrer sa coentreprise.

L'acquisition devrait porter la part des bénéfices réalisée en Asie de 6% à 15%, selon des calculs d'analystes. Suite à l'annonce, le titre Heineken a grimpé en fin de semaine au niveau historique de 46,30 euros.

Perdre APB aurait en effet été douloureux pour Heineken. Depuis plusieurs années, le groupe, comme la plupart des brasseurs originaires des pays développés, est confronté à une baisse de la consommation dans sa région domestique. En Europe de l'Ouest, les volumes de bière vendus ont chuté de 7% entre 2005 et 2010, selon le cabinet Euromonitor. Ce mouvement devrait continuer, avec une chute de 1,2% entre 2010 et 2015.

Les grands brasseurs rêvent donc de conquérir l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie-Pacifique. En particulier la Chine, le premier marché mondial de la bière, qui devrait représenter 43% de la croissance mondiale d'ici à 2020. Depuis 1991, la consommation de bière par habitant y a crû de 40%.

La présence de Heineken dans la région remonte à soixante-quinze ans déjà, mais le groupe y a surtout pris du poids depuis la signature de ses partenariats avec le singapourien ABP, en 1988, et l'indien UBL, en 2009. Le premier exploite pas moins de 23 brasseries dans 14 pays et le deuxième est numéro un en Inde avec 18 brasseries. Heineken a ainsi vu progresser ses ventes en volume de 6,2% en Asie en 2011, atteignant 26,5 milliards de litres. En Europe occidentale, en revanche, les volumes, beaucoup plus conséquents à 45,7 milliards de litres, sont restés stables (+0,2%). Heineken y est la bière la plus servie, mais le groupe y commercialise également Desperados, Amstel ou encore Grimbergen. Le groupe, qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 17,1 milliards d'euros, détient ou produit pas moins de 250 marques dans le monde, dont Tiger Beer.

La chasse des brasseurs occidentaux aux acteurs des pays émergents n'est pas près de s'arrêter. En deux ans, Heineken a ainsi posé pied au Nigeria et en Ethiopie. Mais aussi au Mexique et Brésil, en acquérant Fomento Economico Mexicano en 2010. AB Inbev, le numéro un mondial, vient, lui, d'acquérir la moitié du mexicain Grupo Modelo, producteur de Corona, qu'il ne détenait pas encore, pour 16 milliards d'euros. En février dernier, Carlsberg, numéro quatre mondial, a prévenu qu'il " explorait les opportunités d'acquisition sur les marchés en croissance ".

Le groupe vient de créer une société conjointe avec son partenaire chinois Chongqing Brewery, dans laquelle il détient 30%. Le Figaro

MARCHES EMERGENTS

49,5% de contribution au résultat d'exploitation d'AbInbev, n°1 mondial sont dégagés sur les marchés émergents.

73% de contribution au résultat d'exploitation de SabMiller, n° 2 mondial .

50% de contribution au résultat d'exploitation de Heineken, n° 3 mondial.


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