«Un hiver sans Casse-Noisette», l’air du temps de Victoria Javet

Un hiver sans «Casse-Noisette». Découvrez l’«Air du temps» de Victoria Javet.
13 janv. 2021, 05:30
/ Màj. le 14 janv. 2021 à 13:10
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C’est l’hiver, temps des classiques. Une fois n’est pas coutume, Verity n’assistera pas à son ballet préféré, son cher «Casse-Noisette». Cette fidèle spectatrice a compris que le virus casse-pieds avait décidé de régner en maître sur la saison froide. Tel l’implacable Roi des souris chef de file des casseurs de rêves, le micro-organisme a insidieusement transformé sa réalité en ère morte.

Verity n’apercevra pas Michal, l’étudiant déchireur de billet posté à l’entrée de l’opéra. Isabeau la danseuse, n’incarnera pas Clara et ne comptera pas sur son cachet. Vaporisée elle aussi, la tenancière de l’osteria d’après-spectacle ne servira pas son plat de linguine aux fruits de mer. Disparu, le pêcheur ne vendra pas la proie de ses filets, qui fait la réputation de l’établissement susdit. Envolé, le barman ne fera pas valser la bouteille de Campari sans n’en rien casser entre deux spritz. Eclipsé, le taxi qui ramène toujours à bon port.

Non, Verity ne s’émerveillera pas devant la «Valse des flocons de neige». Elle ne voyagera pas avec les danses du thé, café, chocolat, trépak et autres. Qu’il est étrange ce monde qui choisit la mort pour mieux s’en prémunir.

De tout cela, Verity espère que rien ne sortira définitivement cassé. Elle l’espère proche, le monde d’après fait d’avant, où elle retrouvera l’inaltérable Confiturembourg et la chère Fée Dragée. Celui qui aura triomphé du monde obscur grâce au rêve, à la liberté et au merveilleux.

par Victoria Javet