«Tréfonds durables», l'air du temps d’Eric Lecluyse

Des voix s’élèvent pour raconter d’autres possibles, en célébrant des plaisirs plus vrais. Découvrez la chronique "Air du temps" d’Eric Lecluyse, co-rédacteur en chef d'ArcInfo.
13 mars 2019, 05:30
/ Màj. le 13 mars 2019 à 05:30
Eric Lecluyse.

La Semaine de la durabilité est terminée (attention, il ne faut plus dire “développement durable”, notion galvaudée par certaines entreprises, soulignent de vigilants écologistes). Ouf! C’est bon, on peut se remettre à faire comme avant, sans réfléchir.

Rejoindre la prochaine manif pour le climat seul au volant d’un gros SUV polluant. Voyager en avion une fois par mois parce que ce n’est pas cher et qu’on le vaut bien. Acheter des produits du bout du monde suremballés. Acheter trop à manger, jeter beaucoup. Acheter des vêtements qu’on ne mettra presque jamais. Acheter des gadgets électroniques qu’on oubliera dans un mois. Acheter, acheter, acheter, surtout ne jamais s’arrêter.

Mais est-ce vraiment ce dont nous avons envie? Nous le sentons bien, cette surenchère ne mène nulle part. Des voix s’élèvent pour raconter d’autres possibles, non pas en renonçant à tout, non pas en niant les bienfaits d’un certain progrès, mais en célébrant des plaisirs plus vrais. Le plaisir d’éteindre les écrans. De cuisiner des produits frais en famille. De préférer le train.

De se remettre au vélo, oui, comme l’acteur Jacques Gamblin qui raconte son amour pour «la deux-roues» dans une mémorable vidéo vue sur le web: «Rouler. Rouler à tout-va. Rouler à tout vent. D’ouest. De noroît. De suroît. (…) Rouler sur ma deux-roues pour faire fondre la boule que j’ai au fond du ventre et toucher du doigt les jours meilleurs.» Le bonheur durable de ne plus faire comme tout le monde, de vivre comme on veut vraiment. Cheveux au vent.

par Eric Lecluyse