«Fièvre rouge du mardi soir», l’air du temps de Daniel Droz

Découvrez la chronique «Air du temps» de Daniel Droz, journaliste à «ArcInfo».
11 mai 2019, 05:30
/ Màj. le 11 mai 2019 à 05:30
AirDutemps-DanielDroz

«Red or dead». Rouge ou mort. Vous me voyez venir? Non? Où étiez-vous mardi soir? Un ami, sûr à l’avance du scénario, «schwentze» le rendez-vous. C’est dans son auto, en rentrant à la maison, qu’il m’appelle. «C’est bien vrai?»

Moi, installé sur le sofa, au début, je regarde d’un œil distrait. Je n’y crois pas trop non plus. Les minutes passent. Le score grimpe. Du réel à l’irréel, il n’y a qu’un pas. Qu’un geste.

Un collègue de travail, sûr à l’avance du scénario, colle une photo de sa vedette favorite sur mon écran d’ordinateur la semaine précédente. J’apprécie. Ça fait partie du jeu. Alors, entre mardi soir et mercredi, je ne le rate pas. Leçon numéro un: avant le générique final, il peut toujours y avoir un coup de théâtre. Surtout si le film n’a aucun metteur en scène et les acteurs improvisent.

Mardi soir, sur le coup de 22h45, la tension monte subitement. Puis le rideau tombe. Ovation debout. Seul ou presque – ma compagne écoute les commentaires de la télé tout en préparant une leçon pour ses élèves. Il y a une certaine futilité dans la joie du moment. Extatique, elle ne laisse aucune place à la raison. Mais ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas?

Dans 20 ans, on me demandera peut-être où j’étais quand Liverpool a retourné Barcelone. Je m’en souviendrai. Dans mon salon. A fredonner. «Walk on, walk on. With hope in your heart. And you’ll never walk alone.» Football is magic.

par Daniel Droz