Des tentacules de vêtements

La pénurie annoncée de coton a inspiré cette chronique à Lea Gloor, membre de la rédaction en chef.
19 oct. 2021, 05:30
/ Màj. le 19 oct. 2021 à 05:30
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Electricité, papier, composants industriels, les annonces de pénurie n’en finissent pas de tomber. Et le coton n’échappe pas au phénomène, entre mauvaises récoltes et fluctuations d’approvisionnement. La hausse de son cours pourrait avoir pour conséquence une augmentation des prix de certains vêtements.

C’est ballot, nous, Occidentaux, manquons tellement de fringues. Selon une statistique publiée sur le site suisse de Fashion Revolution, chaque Helvète possède en moyenne 118 pièces de vêtements. 40% de ces habits ne sont jamais portés ou «juste 2 à 4 fois», observe le collectif. Chaque année, environ 6,3 kg de t-shirts et autres jeans partent de nos penderies dans les containers humanitaires.

Le pire, c’est qu’une grande partie de ces habits ne sont pas davantage portés qu’avant. Au Ghana par exemple, 160 tonnes de déchets textiles arrivent chaque jour. «On estime qu’environ 40% sont de si mauvaise qualité qu’ils finissent à la décharge», dénonçait récemment un documentaire diffusé par la chaîne ABC. On appelle ces fripes «obroni wawu», les vêtements morts des hommes blancs. D’abord empilés, ils terminent leur course dans l’océan et forment ce que les habitants nomment des «tentacules».

Mais que les fashionistas se rassurent, pénurie ou non, les vêtements virtuels eux ont de plus en plus la cote. Les grandes marques s’y sont mises et les e-shops spécialisés dans ces tenues portées sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo affluent. On se réjouit de la panne d’internet…

Le documentaire «Dead white man’s clothes»


par Lea Gloor