«A la bonne franquette», l’Air du temps de Claire-Lise Droz

Les transports en commun dans le Sud de la France? Un conte de fées bien réel signé Claire-Lise Droz.
14 oct. 2019, 05:30
/ Màj. le 14 oct. 2019 à 05:30
AirDutemps-Claire-LiseDroz

Voilà encore une histoire de bus. Mais cette fois, c’est quasiment un conte de fées. Et ça se passe dans une ville certes semblable à La Tchaux du point de vue du nombre d’habitants, mais un peu plus au sud: Sète, qui doit être bien charmante pour que Brassens ait supplié d’y être enterré, et rendue célèbre grâce au feuilleton télévisé «Demain nous appartient».

C’est en tout cas l’avis de deux Chaux-de-Fonnières qui sont allées faire un tour là-bas et nous racontent ce qu’elles ont vécu. Donc: nos touristes montent dans un bus TC. Le chauffeur se prépare à démarrer, mais une passagère crie: «Attendez, il y a le capitaine qui va arriver!» Bon. On attend sans que cela ne mette en émoi ni chauffeur, ni usagers. Le capitaine arrive, on peut y aller.

Là-dessus, l’orage qui menaçait se déchaîne à grand renfort de trombes d’eau. Le chauffeur se tourne vers nos Chaux-de-Fonnières: «Vous allez à quel hôtel? Ah, mais vous allez vous faire tremper!» Et hop, un détour jusqu’à l’hôtel, pour les déposer à bon port. Ça, c’est du service public!

Notez qu’une même «aventure» est arrivée à deux autres copains de La Tchaux, à Malaga. Et vu qu’ils ne savaient pas un mot d’espagnol, ils ont montré sur plan l’emplacement de leur hôtel au chauffeur de bus qui, lui aussi, les a menés de porte à porte. Pour en revenir à Sète, nos deux touristes, toujours extasiées, signalent que des retards de bus d’un quart d’heure ne sont pas rares, sans que personne ne s’en émeuve.

À La Tchaux, Métropole horlogère, un retard de cinq minutes fait déjà râler et je ne suis pas la dernière à le faire. Mais juste pour le plaisir, j’ai imaginé nos bus articulés baguenauder dans les petites rues et ruelles pour aller déposer, en douceur, chez elles les personnes âgées ou mal fichues.

C’est un conte de fées, on vous a dit.

par Claire-Lise Droz